jeudi 10 août 2017



Variation sur « je veux »

Je veux des mirabelles à mes soleils perdus
Des ombres sentinelles dans mes forêts d’ailleurs
Des griffes de l’oiseau sur l’arbre vermoulu
Je veux des orangers dans l’absolu des fleurs

Je veux des vents fiévreux des sourires à mes peurs
Des regards merveilleux derrière les rideaux
Où se cache le feu des rêves le meilleur
Je veux le fleuve entier  tout ce qu’il contient d’eau

Je veux l’enfant qui joue je veux ses courses folles
Je veux chanter plus fort et toucher l’infini
Etre ici et là-bas l’abeille et la luciole
Je veux le scarabée la tenace fourmi

Je veux l’espoir qui siffle au-delà de nos mots
Des chemins sans effort de magiques clairières
Où dansent dans nos mains d’improbables oiseaux
Où dansent dans nos yeux d’impossibles lumières

Je veux l’extase au cœur de l’aurore boréale
Je veux Le sang qui bout brûlant de mille étreintes
Et le saut dans le vide et l’éternel dédale
Je veux brûler mes ailes dans le regard des saintes

Je veux glisser mes doigts sur les vitres embuées
Dessiner le cheval les jeux miraculeux
Qui sont à la lisière de nos mondes enchantés
Je veux sourire encore ivre de merveilleux

mercredi 26 juillet 2017


CE SOIR






Ce soir je pleure demain
Je pleure la nuit qui vient
Je regarde mes mains
Qui ont tenu tes mains
Je vois la mort qui rampe
Là tout autour de toi
Là tout autour de moi
Il faut éteindre les lampes
Fermer les portes se taire
Voir nos enfants mourir
Ranger bien nos affaires
Et puis encore partir

Ce soir je pleure demain
Et ceux qui l’ont voulu
Je regarde leurs mains
Leurs âmes révolues
Leurs petits yeux méchants
Qui fouillent le brouillard
Pour nous trouver vivants
Et tirer au hasard
Il faudra dans les bois
Se cacher tant qu’on peut
Se dire qu’on s’aimera
Et fondre à petits feux

Ce soir je pleure demain
Je pleure et la mort vient
Je regarde nos mains
Qui ne tiennent plus rien
Je sais qu’il est très tard
Nos pieds sont fatigués
Mouillés jusqu’au regard
De l’autre qu’on a aimé
Glissons dans le sommeil
Pour une éternité
Espérant qu’un soleil
Pourra encore brûler

vendredi 16 juin 2017

Il parait qu’on pleure dans ce tout petit bout de dame
Qui marche à reculons
On dit qu’elle est belle pourtant
Qu’elle est comme un oiseau qui ne chante plus
On pose la question
Mais personne ne l’a prend
Alors elle
Elle va là où on ne va pas très bien
Dans son propre corps perdu qu’on trouve moche
Elle se décale
On la recale

Et son cœur meurt

Il parait qu’on pleure dans ce tout petit bout de dame
Qui vit loin des saisons
On dit qu’elle rêve pourtant
Qu’elle est comme un souvenir qu’on a perdu
On pose la question
Mais on entend que le vent
Alors elle
Elle marche un peu à côté du chemin
Dans son propre cœur tout au fond de nos poches
Elle se recale
On la décale

Et nos cœurs meurent

Il parait qu’on pleure dans ce tout petit bout de l’âme
Qui rêve à reculons
Un rire celui d’un enfant
Qui est comme un oiseau qui ne chante plus
On oublie la question
Plus personne ne l’entend
Alors elle
Elle va là où on ne va pas très loin
Dans son propre corps trop vieux qui se décroche
Elle se décale
On la recale

A peine on pleure