lundi 22 janvier 2018





MYSTIFISME

J’ai ce chant de l’âme si haut
Du bout des doigts j’en caresse l’absence
Il est la trace d’infini
Qui lie l’unique à l’ensemble
Ce qui nous chuchote notre non présence
Dans notre improbable existence
Il est le doute certain
Et le certain de tous les doutes
Il est la marge
La frange douce
De l’impression qui n’a pas d’objet
Il est aussi le pli net du repli
L’angoisse dévorante
La peur et l’envie d’y toucher
Sans jamais le comprendre



J’ai ce chant de l’âme qui mange
Mes entrailles absolues
En me glissant des métaphores
Où je m’égare sans cesse
Pour ne pas être terrifié
De trop près m’approcher
Et m’écraser tout près de moi
Ivre de l’éternité découverte

24 aout 2017

dimanche 14 janvier 2018

A Ceux

A ceux qui se sont noyés
Ces marins désespérés
Avec leurs grands yeux ouverts
Les grands yeux noirs de leur mère

Leur si pesante tristesse
Leurs nuits froides dans l’ivresse
Et leurs corps jamais repus
Et leurs illusions perdues

Et leurs âmes qui se mirent
Dans les eaux glacées et noires
L’océan de leurs soupirs
Le brasier de leur mémoire

A ceux qui s’en sont allés
Prenant en chacun de nous
Petit bout par petit bout
Notre envie de continuer

A ceux-là qui sont si loin
Et qui voudraient que l’on reste
Agrippés à leur chagrin
A leur souffrance funeste

Je ne veux plus jamais croire
Ne plus jamais ressasser
Leurs affligeantes histoires
Je les laisse aux trépassés

14 juin 2017

LA JEUNE FILLE

C’est moi la jeune fille
Qu’on voit sur la photo
C’est moi qui joue aux billes
Ou qui porte un manteau

La jolie robe blanche
Et le petit chignon
Quand je pose un dimanche
De grande communion

L’arbre dans le jardin
Son ombre dessinée
Les odeurs du matin
Les petits déjeuners

C’est moi la jeune fille
Qui rêve sous la pluie
Qui aime sa famille
Et l’oiseau dans son nid

Je saute des ruisseaux
Me cache sous le lit
Pense à tous les radeaux
Que je n’ai pas construit

Je me déguise en chat
En méchante sorcière
Et couverte d’un drap
J’imite ma grand-mère

C’est moi la jeune fille
Qu’on voit sur la photo
C’est moi qui joue aux billes
Ou qui porte un manteau

Si je suis fatiguée
Je me repose un peu
J’ai bien rangé mes jouets
Je peux fermer les yeux

Maman viendra poser
Un baiser sur ma joue
Comme le vent léger
Mon sommeil sera doux

11 janvier 2018